jeudi 28 février 2013

Marcia Baïla

Marcia Baïla (1984)

 Marcia, elle danse sur du satin, de la rayonne
Du polystirène expansée à ses pieds
Marcia danse avec des jambes
Aiguisées comme des couperets
Deux flêches qui donnent des idées
Des sensations
Marcia, elle est maigre
Belle en scène, belle comme à la ville
La voir danser me transforme en excité

Moretto
Comme ta bouche est immense
Quand tu souris et quand tu ris
Je ris aussi, tu aimes tellement la vie
Quel est donc ce froid que l´on sent en toi?

Mais c´est la mort qui t´a assassinée, Marcia
C´est la mort qui t´a consumée, Marcia
C"est le cancer que tu as pris sous ton bras
Maintenant, tu es en cendres, cendres
La mort, c´est comme une chose impossible
Et même à toi qui est forte comme une fusée
Et même à toi, qui est la vie même, Marcia
C´est la mort qui t´a emmenée

Marcia danse un peu chinois
La chaleur
Dans les mouvements d´épaules
A plat
Comme un hiéroglyphe inca
De l´opéra

Avec la tête
Elle danse aussi très bien
Et son visage
Danse avec tout le reste
Elle a cherché
Une nouvelle façon
Et l´a inventée.

C´est elle, la sauterelle
La sirène en mal d´amour
Le danseur dans la flanelle
Ou le carton.

Moretto
Comme ta bouche est immense
Et quand tu souris et quand tu ris
Je ris aussi, tu aimes tellement la vie
Quel est donc ce froid
Que l´on sent en toi?

Mais c´est la mort
Qui t´a assassinée, Marcia
C´est la mort
Tu t´es consumée, Marcia
C´est le cancer
Que tu as pris sous ton bras
Maintenant
Tu es en cendres, en cendres
La mort
C´est comme une chose impossible
Pour toi
Qui est la vie même, Marcia
Et même à toi
Qui est forte comme une fusée
C´est la mort
Qui t´a emmenée
Marcia...



Catherine Ringer et Fred Chichin, rendent hommage à la danseuse argentine Marcia Moretto, avec "Marcia Baïla" et inventent le rock latino avec ce morceau. Le single se vendra a 1 million d'exemplaires. Le clip, lui aussi un monument de dérision kitch, a été réalisé par Philippe Gauthier. 

 

Mon fils, ma bataille

Mon fils, ma bataille (1980)

Ça fait longtemps que t´es partie
Maintenant
Je t´écoute démonter ma vie
En pleurant
Si j´avais su qu´un matin
Je serai là, sali, jugé, sur un banc
Par l´ombre d´un corps
Que j´ai serré si souvent
Pour un enfant

Oh
Tu leur dis que mon métier
C´est du vent
Qu´on ne sait pas ce que je serai
Dans un an
S´ils savaient que pour toi
Avant de tous les chanteurs j´étais le plus grand
Et que c´est pour ça
Que tu voulais un enfant
Devenu grand

{Refrain:}
Oh
Les juges et les lois
Ça m´fait pas peur
C´est mon fils ma bataille
Fallait pas qu´elle s´en aille
Oh
Je vais tout casser
Si vous touchez
Au fruit de mes entrailles
Fallait pas qu´elle s´en aille

Bien sûr c´est elle qui l´a porté
Et pourtant
C´est moi qui lui construis sa vie lentement
Tout ce qu´elle peut dire sur moi
N´est rien à côté du sourire qu´il me tend
L´absence a ses torts
Que rien ne défend
C´est mon enfant

{Refrain: x2}
Oh
Les juges et les lois
Ça m´fait pas peur
C´est mon fils ma bataille
Fallait pas qu´elle s´en aille
Oh
Je vais tout casser
Si vous touchez
Au fruit de mes entrailles
Fallait pas qu´elle s´en aille




Avec "Mon fils, ma bataille", extrait de l'album "Un autre monde", Daniel Balavoine venait au secours des "nouveaux pères" qui élèvent seuls leurs enfants. Critiquée par les fans de la première heures, qui lui reprochaient un côté un peu mièvre, cette chanson n'en est pas moins l'un des titres majeurs du chanteur. 

  

Mourir sur scène

Mourir sur scène (1983)

 Viens, mais ne viens pas quand je serai seule
Quand le rideau un jour tombera
Je veux qu´il tombe derrière moi

Viens, mais ne viens pas quand je serai seul
Moi qui ai tout choisi dans ma vie
Je veux choisir ma mort aussi
Il y a ceux qui veulent mourir un jour de pluie
Et d´autres en plein soleil
Il y a ceux qui veulent mourir seuls dans un lit
Tranquilles dans leur sommeil

Moi je veux mourir sur scène
Devant les projecteurs
Oui je veux mourir sur scène
Le cœur ouvert tout en couleurs
Mourir sans la moindre peine
Au dernier rendez-vous
Moi je veux mourir sur scène
En chantant jusqu´au bout

Viens, mais ne vient pas quand je serai seule
Tous les deux on se connaît déjà
On s´est vu de près souviens-toi

Viens, mais ne viens pas quand je serai seule
Choisis plutôt un soir de gala
Si tu veux danser avec moi
Ma vie a brûlé sous trop de lumières
Je ne peux pas partir dans l´ombre
Moi je veux mourir fusillée de lasers
Devant une salle comble

Moi je veux mourir sur scène
Devant les projecteurs
Oui je veux mourir sur scène
Le cœur ouvert tout en couleurs
Mourir sans la moindre peine
Au dernier rendez-vous
Moi je veux mourir sur scène
En chantant jusqu´au bout
Musique
Mourir sans la moindre peine
D´une mort bien orchestrée
Moi, je veux mourir sur scène
C´est là que je suis née.




Dalida(mourir sur scène) par Annemeraude

Comment rester insensible devant cette confession. Dalida n'a toujours vécu que pour la scène et son public. Je défie quiconque de ne pas être ému en entendant Dalida chanter les premières paroles de "Mourir sur scène". 

 

la Maison du bonheur

la Maison du bonheur (1979)

Un jardin quatre murs
Un soleil doré comme un citron mûr
Ta chaleur blottie contre ma chaleur
Et ton cœoeur tout contre mon cœoeur

Tes yeux doux tes seins lourds
Mes mains nues couchées contre tes velours
Nos prénoms gravés au feutre en couleur
Sur ton coeœur sur mon coeœur

Ce serait la maison du bonheur
Même à fort loyer j'suis preneur
Il n'y aurait que toi contre moi
Et l'amour contre notre amour

Plus d'auto plus d'ciné
Rien qu'un rêve sur le bout de ton nez
Tes grains de beauté mon grain de folie
Et ta vie tout contre ma vie

Rien qu'un toit pour nous deux
Rien qu'une chambre avec vue sur tes yeux
Le chien qui dort et qui veille au bas du lit
Sur ta vie sur ma vie

Ce serait la maison du bonheur
Même à fort loyer j'suis preneur
Il n'y aurait que toi contre moi
Et l'amour contre notre amour

Un jardin sur la mer
Un chagrin jeté comme un fruit amer
Ta chaleur serrée contre ma chaleur
Et ton cœoeur tout contre mon coeœur

Ce serait la maison du bonheur
Même à fort loyer j'suis preneur
Il n'y aurait que toi contre moi
Et l'amour contre notre amour

Ce serait la maison du bonheur
Même à fort loyer j'suis preneur
Il n'y aurait que toi contre moi
Et l'amour contre notre amour


Francis Lalanne a formé le trio Bibifolk avec ses deux frères, avant de tenter sa chance en solo. "La maison du bonheur" est son premier disque et son premier succès, grâce en particulier à Jean-Louis Foulquier qui, séduit à la fois par la personnalité du compositeur marseillais et par cette chanson sur les inquiétudes adolescentes, l'a diffusée le plus souvent possible sur France Inter. Jean-Louis Foulquier devait même engager Francis Lalanne pour la tournée d'été de la station de radio

  

Michèle

Michèle (1976)

 Tu avais à peine quinze ans
Tes cheveux portaient des rubans
Tu habitais tout près
Du Grand Palais
Je t´appelais le matin
Et ensemble on prenait le train
Pour aller, au lycée.
Michèle, assis près de toi
Moi j´attendais la récré
Pour aller au café
Boire un chocolat
Et puis t´embrasser

Un jour tu as eu dix-sept ans
Tes cheveux volaient dans le vent
Et souvent tu chantais :
Oh! Yesterday!
Les jeudis après-midi
On allait au cinéma gris
Voir les films, de Marilyn
Michèle, un soir en décembre
La neige tombait sur les toits
Nous étions toi et moi
Endormis ensemble
Pour la première fois.

Le temps a passé doucement
Et déchu le Prince Charmant
Qui t´offrait des voyages
Dans ses nuages
On m´a dit que tu t´es mariée
En avril au printemps dernier
Que tu vis, à Paris.

Michèle, c´est bien loin tout ça
Les rues, les cafés joyeux
Mêmes les trains de banlieue
Se moquent de toi, se moquent de moi
Michèle, c´est bien loin tout ça
Les rues, les cafés joyeux
Mêmes les trains de banlieue
Se moquent de toi, se moquent de moi....
Se moquent de moi!



En 1976, Gérard Lenorman poursuivait sa belle carrière d'interprète, obtenant un de ses plus grands succès avec "Michèle", écrite par le duo Didier Barbelivien/Michel Cywie. Un prénom qui avait déjà porté chance aux Beatles (à Paul McCartney en particulier). Pourtant, cette chanson avait tout d'abord été baptisée "Sylvie" et "Marcelle"! 

 

mercredi 27 février 2013

Mamy blue

Mamy Blue (1971)

 {Refrain:}
Oh Mamy! Oh Mamy, Mamy blue
Oh Mamy blue! {2x}
Où es-tu, où es-tu Mamy blue?
Oh Mamy blue!

Je suis partie un soir d´été
Sans dire un mot, sans t´embrasser
Sans un regard sur le passé

Dès que j´ai franchi la frontière
Le vent soufflait plus fort qu´hier
Quand j´étais près de toi ma mère

{au Refrain}

Et aujourd´hui je te reviens
Oui, j´ai refait tout le chemin
Qui m´avait entraînée si loin

Tu n´es plus là pour me sourire
Me réchauffer, me recueillir
Et je n´ai plus qu´à repartir

{au Refrain}

Et le temps a passé
Et Mamy blue s´est en allée

La maison a fermé ses yeux
Le chat et les chiens sont très vieux
Et ils viennent me dire adieu

Je ne reviendrai plus jamais
Dans ce village que j´aimais
Où tu reposes désormais

Oh Mamy! Oh Mamy blue!
Oh Mamy blue!


Nicoletta ne fut pas la seule a enregistrer ce morceau en 1971: Joël Daydé, l'ex chanteur du groupe Zoo le fit également. De ce combat fraternel,  Nicoletta  sortit du lot grâce à une voix très afro-américaine. "Mamy Blue" devint l'un de ses  plus grands succès. La chanson  connue même le succès aux Etats Unis à l'initiative des Pop Tops et des Stories. 



 

Mirza

Mirza (1965)

Z'avez pas vu Mirza ? Oh la la la la la la
Z'avez pas vu Mirza ? Oh la la la la la la
Z'avez pas vu Mirza ? Oh la la la la la la

Où est donc passé ce chien
Je le cherche partout
Où est donc passé ce chien
Il va me rendre fou
Où est donc passé ce chien
Oh! Ça y est, je le vois !
Veux tu venir ici,
Je n'le répéterai pas
Veux-tu venir ici,
Mmmmm, sale bête va !
Veux-tu venir ici
Oh! Il est reparti

Où est donc passé ce chien
Je le cherche partout
Où est donc passé ce chien
Il va me rendre fou
Où est donc passé ce chien
Oh! Ça y est je le vois !
C'est bien la dernière fois
Que je te cherche comme ça
Veux tu venir ici
Je n'le répèterai pas
Veux tu venir ici
Oh et ne bouge pas
Veux tu venir ici
Oh yeah ! satané Mirza


Avec Michel Polnareff et Michel Delpech, Nino Ferrer est l'une des grandes révélations de l'année 1966. Il affichait alors une passion démesurée pour le langage afro-américain. "Mirza" en effet, swingue comme un standard de jazz de la Nouvelle Orléans, avec en plus des orgues venus directement des églises du Deep South. A cela Nino Ferrer ajoute une touche d'humour, propre à séduire les jeunes et les moins jeunes. 

  

Maladie d'amour

Maladie d'amour (1947)

Maladie d´amour, maladie de la jeunesse
Si tu n´aimes que moi
Reste tout près de moi, oh...
Maladie d´amour, maladie de la jeunesse
Si tu n´aimes que moi
Reste tout près de moi

Quand l´amour est petit, c´est joli si joli
Mais il devient fort, méfiez-vous mes amis
Caché sous le feuillage,
C´est comme un serpent gris

Oh Oh,
N´allez pas quand il dort
Surtout le réveiller
N´allez pas car il mord
Si vous le réveillez

Quand l´amour est petit, c´est joli si joli
Mais quand il devient fort,
C´est plus beau que la vie
J´irai sous le feuillage,
Chercher le serpent gris

Oh Oh...
Car l´amour c´est la mort
Mais c´est aussi la vie
Car l´amour c´est la mort
Et c´est le paradis


Adaptation d'une mélodie que l'on doit à la célébrité de la Martinique Léona Gabriel, "Maladie d'amour" est enregistrée pour la première fois par Henri Salvador en 1947. Un Grand Prix du disque Charles Cros et, trois ans plus tard, il l'interprète de nouveau, sur la scène de l'ABC, dans le cadre de la revue "Paris s'amuse" de Mistinguett. Dans la salle se trouvait alors une jeune femme prénommée Jacqueline qui deviendra la femme du chanteur. 



 

la Madrague

la Madrague (1963)

Sur la plage abandonnée
Coquillage et crustacés
Qui l´eût cru déplorent la perte de l´été
Qui depuis s´en est allé
On a rangé les vacances
Dans des valises en carton
Et c´est triste quand on pense à la saison
Du soleil et des chansons

Pourtant je sais bien l´année prochaine
Tout refleurira nous reviendrons
Mais en attendant je suis en peine
De quitter la mer et ma maison

Le mistral va s´habituer
A courir sans les voiliers
Et c´est dans ma chevelure ébouriffée
Qu´il va le plus me manquer
Le soleil mon grand copain
Ne me brulera que de loin
Croyant que nous sommes ensemble un peu fâchés
D´être tous deux séparés

Le train m´emmènera vers l´automne
Retrouver la ville sous la pluie
Mon chagrin ne sera pour personne
Je le garderai comme un ami

Mais aux premiers jours d´été
Tous les ennuis oubliés
Nous reviendrons faire la fête aux crustacés
De la plage ensoleillée
De la plage ensoleillée
De la plage ensoleillée


Ecrite par Jean-Max Rivière et Gérard Bourgeois, "La Madrague" est la chanson la plus célèbre de Brigitte Bardot avant que Gainsbourg l'installe sur une Harley Davidson et lui fasse raconter l'histoire de Bonnie & Clyde. "La Madrague" n'est autre que le nom de la propriété de la star à Saint Tropez. 

  

la Mauvaise réputation

la Mauvaise réputation (1952)

Au village, sans prétention,
J'ai mauvaise réputation.
Qu'je m'démène ou qu'je reste coi
Je pass' pour un je-ne-sais-quoi!
Je ne fait pourtant de tort à personne
En suivant mon chemin de petit bonhomme.
Mais les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux,
Non les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux,
Tout le monde médit de moi,
Sauf les muets, ça va de soi.

Le jour du Quatorze Juillet
Je reste dans mon lit douillet.
La musique qui marche au pas,
Cela ne me regarde pas.
Je ne fais pourtant de tort à personne,
En n'écoutant pas le clairon qui sonne.
Mais les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux,
Non les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux,
Tout le monde me montre du doigt
Sauf les manchots, ça va de soi.

Quand j'croise un voleur malchanceux,
Poursuivi par un cul-terreux;
J'lance la patte et pourquoi le taire,
Le cul-terreux s'retrouv' par terre
Je ne fait pourtant de tort à personne,
En laissant courir les voleurs de pommes.
Mais les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux,
Non les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux,
Tout le monde se rue sur moi,
Sauf les culs-de-jatte, ça va de soi.

Pas besoin d'être Jérémie,
Pour d'viner l'sort qui m'est promis,
S'ils trouv'nt une corde à leur goût,
Ils me la passeront au cou,
Je ne fait pourtant de tort à personne,
En suivant les ch'mins qui n'mènent pas à Rome,
Mais les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux,
Non les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux,
Tout l'mond' viendra me voir pendu,
Sauf les aveugles, bien entendu.


Les amis de Georges Brassens ont dit avoir entendu "La Mauvaise réputation" dès les années 40. Ce n'est pourtant qu'en 1952 qu'il l'enregistre sur son 2e 78 tours. Comme "Le Gorille" ou "Chanson pour l'Auvergnat", "La Mauvaise réputation" a permis à Brassens de se faire connaître du grand public. Il s'agit même de la première chanson a avoir été diffusée à la radio avant d'être censurée

  

dimanche 24 février 2013

le Métèque

le Métèque (1969)

Avec ma gueule de métèque
De Juif errant, de pâtre grec
Et mes cheveux aux quatre vents
Avec mes yeux tout délavés
Qui me donnent l´air de rêver
Moi qui ne rêve plus souvent
Avec mes mains de maraudeur
De musicien et de rôdeur
Qui ont pillé tant de jardins
Avec ma bouche qui a bu
Qui a embrassé et mordu
Sans jamais assouvir sa faim

Avec ma gueule de métèque
De Juif errant, de pâtre grec
De voleur et de vagabond
Avec ma peau qui s´est frottée
Au soleil de tous les étés
Et tout ce qui portait jupon
Avec mon cœur qui a su faire
Souffrir autant qu´il a souffert
Sans pour cela faire d´histoires
Avec mon âme qui n´a plus
La moindre chance de salut
Pour éviter le purgatoire

Avec ma gueule de métèque
De Juif errant, de pâtre grec
Et mes cheveux aux quatre vents
Je viendrai, ma douce captive
Mon âme sœur, ma source vive
Je viendrai boire tes vingt ans
Et je serai prince de sang
Rêveur ou bien adolescent
Comme il te plaira de choisir
Et nous ferons de chaque jour
Toute une éternité d´amour
Que nous vivrons à en mourir

Et nous ferons de chaque jour
Toute une éternité d´amour
Que nous vivrons à en mourir



En 1969, âgé de 35 ans, George Moustaki décide de rouler pour lui-même et de révéler au public ce qu'il ressent dans ce monde qui l'entoure, surtout après avoir été traité de "métèque" par les parents de sa petite amie. Créé par Pia Colombo sur la scène de l'Olympia, "Le Métèque", grâce à la sobre interprétation de George Moustaki lui même, va rencontrer le public et trouver le succès. 


  

Cendrillon

Cendrillon (1982)

Cendrillon pour ses vingt ans
Est la plus jolie des enfants
Son bel amant, le prince charmant
La prend sur son cheval blanc
Elle oublie le temps
Dans ce palais d'argent
Pour ne pas voir qu'un nouveau jour se lève
Elle ferme les yeux et dans ses rêves
Elle part, jolie petite histoire
Elle part, jolie petite histoire

Cendrillon pour ses trente ans
Est la plus triste des mamans
Le prince charmant a foutu l'camp
Avec la belle au bois dormant
Elle a vu cent chevaux blancs
Loin d'elle emmener ses enfants
Elle commence à boire
A traîner dans les bars
Emmitouflée dans son cafard
Maintenant elle fait le trottoir
Elle part, jolie petite histoire
Elle part, jolie petite histoire

Dix ans de cette vie ont suffi
A la changer en junkie
Et dans un sommeil infini
Cendrillon voit finir sa vie
Les lumières dansent
Dans l'ambulance
Mais elle tue sa dernière chance
Tout ça n'a plus d'importance
Elle part
Fin de l'histoire

Notre père, qui est si vieux
As-tu vraiment fait de ton mieux ?
Car sur terre et dans les cieux
Tes anges n'aiment pas devenir vieux.


Produit à Toronto, "Dure limite" est l'album de la consécration pour Téléphone, qui devient le groupe n°1 du rock français. "Cendrillon", succès de l'album avec "ça c'est vraiment toi" est le fruit de la collaboration entre Jean-Louis Aubert et Louis Bertignac, qui est également l'interprète du morceau. 

 

le Chanteur

le Chanteur (1978)

Je m´présente, je m´appelle Henri
J´voudrais bien réussir ma vie, être aimé
Etre beau gagner de l´argent
Puis surtout être intelligent
Mais pour tout ça il faudrait que j´bosse à plein temps

J´suis chanteur, je chante pour mes copains
J´veux faire des tubes et que ça tourne bien, tourne bien
J´veux écrire une chanson dans le vent
Un air gai, chic et entraînant
Pour faire danser dans les soirées de Monsieur Durand

Et partout dans la rue
J´veux qu´on parle de moi
Que les filles soient nues
Qu´elles se jettent sur moi
Qu´elles m´admirent, qu´elles me tuent
Qu´elles s´arrachent ma vertu

Pour les anciennes de l´école
Devenir une idole
J´veux que toutes les nuits
Essoufflées dans leurs lits
Elles trompent leurs maris
Dans leurs rêves maudits

Puis après je f´rai des galas
Mon public se prosternera devant moi
Des concerts de cent mille personnes
Où même le tout-Paris s´étonne
Et se lève pour prolonger le combat

Et partout dans la rue
J´veux qu´on parle de moi
Que les filles soient nues
Qu´elles se jettent sur moi
Qu´elles m´admirent, qu´elles me tuent
Qu´elles s´arrachent ma vertu

Puis quand j´en aurai assez
De rester leur idole
Je remont´rai sur scène
Comme dans les années folles
Je f´rai pleurer mes yeux
Je ferai mes adieux

Et puis l´année d´après
Je recommencerai
Et puis l´année d´après
Je recommencerai
Je me prostituerai
Pour la postérité

Les nouvelles de l´école
Diront que j´suis pédé
Que mes yeux puent l´alcool
Que j´fais bien d´arrêter
Brûleront mon auréole
Saliront mon passé

Alors je serai vieux
Et je pourrai crever
Je me cherch´rai un Dieu
Pour tout me pardonner
J´veux mourir malheureux
Pour ne rien regretter
J´veux mourir malheureux


Grâce à cette chanson, Daniel Balavoine rompait enfin avec la spirale infernale de l'échec, faisant mentir ceux qui ne croyaient plus en son avenir. Léo Missir lui y croyait encore et avait incité le chanteur à revenir en studio pour enregistré son 3e album, "Le Chanteur". Cet album va faire un malheur dans les hits parades et être perçu comme un signe de ralliement par la jeune génération des années 80. 

  

Capitaine abandonné

Capitaine abandonné (1986)

 Ouh, ouh, ouh
Ils sont partis pour gagner
Ouh, ouh, ouh
Ils ne sont jamais rentrés
Les rugissants du Pacifique
Des remous des torts en Afrique
Ont brisé les rêves magiques
Où ils sont tombés

Ouh, ouh, ouh
Vers quel océan secret
Ouh, ouh, ouh
Le vent les a emportés ?
Ils ont retrouvé la lumière
Ou
La liberté

Ohé, ohé, capitaine abandonné
Ohé, ohé, mets des ailes à ton voilier
Sonnez, sonnez, les sirènes au vent salé
Sonnez, sonnez la dernière traversée

Ouh, ouh, ouh
Si tu sais mieux qu'ton frère aîné
Ouh, ouh, ouh
Tu peux toujours t'faire embarquer
Mais si la tempête t'enlève
A l'heure où ton rêve s'achève
Garde bien ces mots sur tes lèvres
Ou
Ta liberté

Ohé, ohé, capitaine abandonné
Ohé, ohé, mets des ailes à ton voilier
Ohé, ohé, capitaine abandonné
Ohé, ohé, mets des ailes à ton voilier
Ohé, ohé, capitaine abandonné
Ohé, ohé, mets des ailes à ton voilier
Sonnez, sonnez, les sirènes au vent salé
Sonnez, sonnez la dernière traversée
Ohé, ohé, capitaine abandonné
Ohé, ohé, mets des ailes à ton voilier
Sonnez, sonnez, les sirènes au vent salé
Sonnez, sonnez la dernière traversée



Hommage aux stars respectivement du sport (Arnaud de Rosnay), de l'aventure (Philippe  Dieuleveut) et de la chanson (Daniel Balavoine), qui ont été fauchés en pleine gloire, "Capitaine abandonné" devient n°1 très rapidement après le premier succès du groupe Gold, "Plus près des étoiles".


le Chanteur abandonné

le Chanteur abandonné (1985)

Y a des "flat case" qui traînent sur scène
Et on démonte les projecteurs.
Quand sa vie n´est plus mise en scène
Ça lui fait peur.
Tous ces nouveaux amis qui l´aiment
Seront partis dans la semaine.
Dans sa loge : des photos, des fleurs
Une certaine image du bonheur.
Il fait le vide dans sa tête.
Il fait le vide dans son cœur.

C´est un chanteur abandonné
Qui a vécu sans se retourner.
Sûr que le blues est inventé
Pour lui, cette nuit.
Parce qu´il a su s´abandonner
A ceux qui ont voulu l´aimer
Il a donné ce qu´il avait
Mais lui, il se demande qui il est.
Abandonné, oui, abandonné.

Et la fille qui l´attend,
Qui l´aime comme un enfant
Sans qu´il parle, elle comprend
Sa vie, comme c´est bon d´être heureux
Oh, comme c´est bon d´oublier
Que tellement de lumière
Ça peut faire mal aux yeux
Et ça fait le vide dans sa tête
Oui ça fait le vide dans son cœur.

C´est un chanteur abandonné
Qui a vécu sans se retourner.
Sûr que le blues est inventé
Pour lui, cette nuit.
Parce qu´il a su s´abandonner
A ceux qui ont voulu l´aimer
Il a donné ce qu´il avait
Mais lui, il se demande qui il est.
Abandonné, oui, abandonné.

Tant pis s´il faut payer
D´avoir toujours donné.
C´est beau et il le sait
De s´être abandonné.
Vivre, c´est comme aimer.
Vivre, c´est partager
Jamais abandonner.
Vivre, c´est partager
Jamais abandonner.

Jamais abandonner

Vivre, c´est partager
Jamais abandonner



En 1985, Johnny Hallyday collabore avec Michel Berger pour l'album "Rock'n'roll attitude". Sur cet album, se trouvent deux hommages"Quelque chose de Tennessee" qui, évidemment concerne l'auteur Tennessee Williams, que les deux chanteurs admirent. Le 2e est plus implicite: Le Chanteur abandonné dont parle la chanson est Claude François, que Johnny a très bien connu. 

 

mardi 19 février 2013

Couleur menthe à l'eau

Couleur menthe à l'eau (1980)

 Elle était maquillée
Comme une star de ciné
Accoudée au Juke box
la la la la
Elle rêvait qu'elle posait
Juste pour un bout d'essai
A la century fox
la la la la
Elle semblait bien dans sa peau
Ses yeux couleur menthe à l'eau
Cherchaient du regard un spot
Le dieu projecteur
Et moi je n'en pouvais plus
Bien sur elle ne m'a pas vu
Perdue dans sa mégalo
Moi j’étais de trop

Elle marchait comme un chat
Qui méprise sa proie
Ou frôlant le flipper
La chanson qui couvrait
Tous les mots qu'elle mimait
Semblait briser son coeœur
Elle en faisait un peu trop
La fille yeux aux couleur menthe à l'eau
Holywood est dans sa tête
Tout'seule elle répète
Son entrée dans un studio
Décor couleur menthe à l'eau
Perdue dans sa mégalo
Moi je suis de trop

Mais un type est entré
Et le charme est tombé
  Arrêtant le flipper
Ses yeux noirs ont lancé
De l'agressivité
Sur le pauvre juke box
La fille aux yeux couleur menthe à l'eau
A range sa mégalo
Et s'est soumise aux yeux noirs
Couleur de trottoir
Et moi je n'en pouvais plus
Elle n'en a jamais rien su
Ma plus jolie des mythos
Couleur menthe à l'eau


Eddy Mitchell démarre en fanfare les années 80 avec l'album "Happy Birthday". Sur celui ci, on trouve une petite merveille de l'entente Eddy Mitchell/ Pierre Papadiamandis: "Couleur menthe à l'eau", qui va être l'un des moments forts de ses spectacles, et qui, sorti en 45 tours, vaudra à son interprète le Diamant de l'interprétation. 


 


le Chasseur

le Chasseur (1974)

Il était cinq heures du matin
On avançait dans les marais
Couverts de brume
J´avais mon fusil dans les mains
Un passereau prenait au loin
De l´altitude
Les chiens pressés marchaient devant
Dans les roseaux

{Refrain:}
Par dessus l´étang
Soudain j´ai vu
Passer les oies sauvages
Elles s´en allaient
Vers le midi
La Méditerranée

Un vol de perdreaux
Par-dessus les champs
Montait dans les nuages
La forêt chantait
Le soleil brillait
Au bout des marécages
Avec mon fusil dans les mains
Au fond de moi je me sentais
Un peu coupable
Alors je suis parti tout seul
J´ai emmené mon épagneul
En promenade
Je regardais
Le bleu du ciel
Et j´étais bien

{Refrain}

Et tous ces oiseaux
Qui étaient si bien
Là-haut dans les nuages
J´aurais bien aimer les accompagner
Au bout de leur voyage
Oui tous ces oiseaux
Qui étaient si bien
Là-haut dans les nuages
J´aurais bien aimer les accompagner
Au bout de leur voyage



Depuis le début de sa carrière au milieu des années 60, Michel Delpech décrit le monde qui l'entoure avec un sens inné de la phrase juste. A l'heure où l'opinion est divisée au sujet de la chasse à courre, le chanteur se range sans ambiguïté du côté des animaux traqués, affichant par la même occasion ses convictions écologistes. Ce "Chasseur"  deviendra l'un de ses titres les plus forts. 

 

C'est moi

C'est moi (1974)

Tiens, bonjour, salut, dis-moi comment tu vas
Depuis le temps que l' on ne s' est pas vu
Tu sais, crois-moi je ne t' attendais plus
Comme c' est drôle tu vois de se rencontrer là
Je dois t' avouer qu' il m'arrivait parfois
Tout seul le soir de repenser à toi
Refrain
Oui, Jérome, c' est moi, non je n' ai pas changé
Je suis toujours celui qui t' a aimé
Qui t' embrassait et te faisait pleurer
______
Tiens, tu vois, regarde, tu vas être étonnée
Mais j' ai gardé en souvenir de toi
Une photo que tu m' avais donnée
Oui, Jérome, c' est moi, non je n' ai pas changé
Je suis toujours celui qui t' a aimé
Qui te parlait sans jamais t' écouter !

Tiens, c' est vrai, le jour de ton anniversaire
Je m' en souviens comme si c' était hier
J' allais chez toi t' apporter du lilas
Dis, écoute ce disque, il n' est pas démodé
C' était je crois ta chanson préférée
Tu sais je l' ai bien souvent écoutée
Refrain
Oui, Jérome, c' est moi, non je n' ai pas changé
Je suis toujours celui qui t' a aimé
Qui t' embrassait et te faisait pleurer
Oui, Jérome, c' est moi, non je n' ai pas changé
Je suis toujours celui qui t' a aimé
Qui te parlait sans jamais t' écouter
Oui, Jérome, c' est moi, non je n'ai pas changé
Je suis toujours celui qui t' a aimé



C'est comme ça que je t'aime

C'est comme ça que je t'aime (1974)

C´est comme ça que je t´aime
Comme un dieu qui se meurt
Pour l´amour d´une reine
Un poignard dans le cœur
C´est comme ça que je t´aime
Comme un fou malgré moi
J´ai ton sang dans mes veines
Et tes larmes de joie
Ma vie se brûle dans un cri
Dans un volcan, dans ma folie
Des nuits entières auprès de toi
Je vis, je meurs, à chaque fois

C´est comme ça que je t´aime
Riche et pauvre à la fois
Orgueilleux, infidèle
Valeureux, fou de joie
Ma vie s´arrache de mon cœur
Se brise en millions de couleurs
On fait l´amour et dans tes bras
Je vis, je meurs, à chaque fois
C´est comme ça que je t´aime
Prisonnier malgré moi
J´ai mon sang dans tes veines
Et je suis fou de toi


En 1974, malgré une dépression chronique, Mike Brant tente de retrouver la foi dans ce qu'il fait. Romantique jusqu'au bout des doigts, il donne dans cette chanson, sa propre définition de la femme idéale.

 

les Champs Elysées

les Champs Elysées (1969)

Je m´baladais sur l´avenue le cœur ouvert à l´inconnu
J´avais envie de dire bonjour à n´importe qui
N´importe qui et ce fut toi, je t´ai dit n´importe quoi
Il suffisait de te parler, pour t´apprivoiser

Aux Champs-Elysées, aux Champs-Elysées
Au soleil, sous la pluie, à midi ou à minuit
Il y a tout ce que vous voulez aux Champs-Elysées

Tu m´as dit "J´ai rendez-vous dans un sous-sol avec des fous
Qui vivent la guitare à la main, du soir au matin"
Alors je t´ai accompagnée, on a chanté, on a dansé
Et l´on n´a même pas pensé à s´embrasser

Aux Champs-Elysées, aux Champs-Elysées
Au soleil, sous la pluie, à midi ou à minuit
Il y a tout ce que vous voulez aux Champs-Elysées

Hier soir deux inconnus et ce matin sur l´avenue
Deux amoureux tout étourdis par la longue nuit
Et de l´Étoile à la Concorde, un orchestre à mille cordes
Tous les oiseaux du point du jour chantent l´amour

Aux Champs-Elysées, aux Champs-Elysées
Au soleil, sous la pluie, à midi ou à minuit
Il y a tout ce que vous voulez aux Champs-Elysées




lundi 18 février 2013

le Ciel, le soleil et la mer

le Ciel, le soleil et la mer (1965)

Allongés sur la plage
Les cheveux dans les yeux
Et le nez dans le sable
On est bien tous les deux
C´est l´été, les vacances
Oh, Mon Dieu, quelle chance!
Il y a le ciel, le soleil et la mer
Il y a le ciel, le soleil et la mer

Ma cabane est en planches
Et le lit n´est pas grand
Tous les jours c´est dimanche
Et nous dormons longtemps
A midi sur la plage
Les amis de notre âge
Chantent tous: le ciel, le soleil et la mer
Chantent tous: le ciel, le soleil et la mer.

Et le soir, tous ensemble
Quand nous allons danser
Un air qui te ressemble
Viens toujours te chercher
Il parle de vacances
Et d´amour et de chance
En chantant: le ciel, le soleil et la mer
En chantant: le ciel, le soleil et la mer.

Quelque part en septembre
Nous nous retrouverons
Et le soir dans ta chambre
Nous le rechanterons
Malgré le vent d´automne
Et les pluies monotones
Nous aurons: le ciel, le soleil et la mer
Nous aurons: le ciel, le soleil et la mer.




Céline

Céline (1966)

Dis-moi, Céline, les années ont passé
Pourquoi n'as-tu jamais pensé à te marier ?
De tout's mes soeurs qui vivaient ici
Tu es la seule sans mari

Non, non, non, ne rougis pas, non, ne rougis pas
Tu as, tu as toujours de beaux yeux
Ne rougis pas, non, ne rougis pas
Tu aurais pu rendre un homme heureux

Dis-moi, Céline, toi qui es notre aînée
Toi qui fus notre mèr', toi qui l'as remplacée
N'as-tu vécu pour nous autrefois
Que sans jamais penser à toi ?

Non, non, non, ne rougis pas, non, ne rougis pas
Tu as, tu as toujours de beaux yeux
Ne rougis pas, non, ne rougis pas
Tu aurais pu rendre un homme heureux

Dis-moi, Céline, qu'est il donc devenu
Ce gentil fiancé qu'on n'a jamais revu ?
Est-c' pour ne pas nous abandonner
Que tu l'as laissé s'en aller ?

Non, non, non, ne rougis pas, non, ne rougis pas
Tu as, tu as toujours de beaux yeux
Ne rougis pas, non, ne rougis pas
Tu aurais pu rendre un homme heureux

Mais non, Céline, ta vie n'est pas perdue
Nous sommes les enfants que tu n'as jamais eus
Il y a longtemps que je le savais
Et je ne l'oublierai jamais

Ne pleure pas, non, ne pleure pas
Tu as toujours les yeux d'autrefois
Ne pleure pas, non, ne pleure pas
Nous resterons toujours près de toi
Nous resterons toujours près de toi 


Considéré comme le Bob Dylan français, qu'il a adapté plusieurs fois, Hugues Aufray change de style, tout en continuant de séduire le grand public. Écrite par Vline Buggy (qui s'est insiprée d'un deuil famiial) et composée par Mort Shuman, "Céline" devient l'un des tubes de l'année 1966. Une chanson que Claude François, dit on, aurait tellement voulu enregistrer. 


 

Cécile ma fille

Cécile, ma fille (1963)

Elle voulait un enfant
Moi, je n'en voulais pas
Mais il lui fut pourtant facile
Avec ses arguments
De te faire un papa
Cécile, ma fille

Quand son ventre fut rond
En riant aux éclats
Elle me dit : "allons, jubile,
Ce sera un garçon"
Et te voilà
Cécile, ma fille

Et te voilà et me voici, moi
Moi, j'ai trente ans, toi six mois
On est nez à nez, les yeux dans les yeux
Quel est le plus étonné des deux?

Bien avant que je t'aie,
Des filles, j'en avais eues,
Jouant mon coeur à face ou pile
De la brune gagnée à la blonde perdue
Cécile, ma fille

Et je sais que bientôt
Toi aussi tu auras
Des idées et puis des idylles,
Des mots doux sur tes hauts
Et des mains sur tes bas
Cécile, ma fille

Moi, je t'attendrai toute la nuit
T'entendrai rentrer sans bruit
Mais au matin, c'est moi qui rougirai
Devant tes yeux plus clairs que jamais

Que toujours, on te touche
Comme moi maintenant
Comme mon souffle sur tes cils
Mon baiser sur ta bouche
Dans ton sommeil d'enfant
Cécile, ma fille
Cécile



Comme d'habitude

Comme d'habitude (1967)

Je me lève et je te bouscule
Tu ne te réveilles pas comme d´habitude
Sur toi je remonte le drap
J´ai peur que tu aies froid comme d´habitude
Ma main caresse tes cheveux
Presque malgré moi comme d´habitude
Mais toi tu me tournes le dos
Comme d´habitude

Alors je m´habille très vite
Je sors de la chambre comme d´habitude
Tout seul je bois mon café
Je suis en retard comme d´habitude
Sans bruit je quitte la maison
Tout est gris dehors comme d´habitude
J´ai froid, je relève mon col
Comme d´habitude

Comme d´habitude, toute la journée
Je vais jouer à faire semblant
Comme d´habitude je vais sourire
Comme d´habitude je vais même rire
Comme d´habitude, enfin je vais vivre
Comme d´habitude

Et puis le jour s´en ira
Moi je reviendrai comme d´habitude
Toi, tu seras sortie
Pas encore rentrée comme d´habitude
Tout seul j´irai me coucher
Dans ce grand lit froid comme d´habitude
Mes larmes, je les cacherai
Comme d´habitude

Comme d´habitude, même la nuit
Je vais jouer à faire semblant
Comme d´habitude tu rentreras
Comme d´habitude je t´attendrai
Comme d´habitude tu me souriras
Comme d´habitude

Comme d´habitude tu te déshabilleras
Comme d´habitude tu te coucheras
Comme d´habitude on s´embrassera
Comme d´habitude

Comme d´habitude on fera semblant
Comme d´habitude on fera l´amour
Comme d´habitude on fera semblant


Deux ans après le refus de Michel Sardou, Claude François enregistre "Comme d'habitude". Quel succès. Non seulement, cette chanson sera l'un de ses succès les plus retentissant mais connaîtra un succès international à l'initiative de Paul Anka qui écrira le texte "My Way" . D'autres artistes comme Presley, Frank Sinatra, Nina Simone ou Sid Vicious des Sex Pistols, la reprendront. 
C'est probablement la chanson la plus reprise au monde avec plus d'un millier de versions,que ce soit la version française ou anglaise. 

   

la Chanson des vieux amants

la Chanson des vieux amants (1967)

Bien sûr, nous eûmes des orages
Vingt ans d´amour, c´est l´amour fol
Mille fois tu pris ton bagage
Mille fois je pris mon envol
Et chaque meuble se souvient
Dans cette chambre sans berceau
Des éclats des vieilles tempêtes
Plus rien ne ressemblait à rien
Tu avais perdu le goût de l´eau
Et moi celui de la conquête

Mais mon amour
Mon doux, mon tendre, mon merveilleux amour
De l´aube claire jusqu´à la fin du jour
Je t´aime encore, tu sais, je t´aime

Moi, je sais tous tes sortilèges
Tu sais tous mes envoûtements
Tu m´as gardé de pièges en pièges
Je t´ai perdue de temps en temps
Bien sûr tu pris quelques amants
Il fallait bien passer le temps
Il faut bien que le corps exulte
Finalement, finalement
Il nous fallut bien du talent
Pour être vieux sans être adultes

Oh, mon amour
Mon doux, mon tendre, mon merveilleux amour
De l´aube claire jusqu´à la fin du jour
Je t´aime encore, tu sais, je t´aime

Et plus le temps nous fait cortège
Et plus le temps nous fait tourment
Mais n´est-ce pas le pire piège
Que vivre en paix pour des amants
Bien sûr tu pleures un peu moins tôt
Je me déchire un peu plus tard
Nous protégeons moins nos mystères
On laisse moins faire le hasard
On se méfie du fil de l´eau
Mais c´est toujours la tendre guerre

Oh, mon amour...
Mon doux, mon tendre, mon merveilleux amour
De l´aube claire jusqu´à la fin du jour
Je t´aime encore, tu sais, je t´aime.


L'une des plus belles chansons qu'écrivit Jacques Brel, en collaboration avec Gérard Jouannest et qui cassa son image de misogyne. Devenu un des monuments de la chanson française, elle fut chantée par d'autres artistes comme Juliette Gréco ou Maurane. 

  

dimanche 17 février 2013

les Copains d'abord

les Copains d'abord (1965)

 Non, ce n'était pas le radeau
De la Méduse, ce bateau
Qu'on se le dis' au fond des ports
Dis' au fond des ports
Il naviguait en père peinard
Sur la grand-mare des canards
Et s'app'lait les Copains d'abord
Les Copains d'abord

c'est fluctuat nec mergitur
C'était pas d'la littérature
N'en déplaise aux jeteurs de sort
Aux jeteurs de sort
Son capitaine et ses mat'lots
N'étaient pas des enfants d'salauds
Mais des amis franco de port
Des copains d'abord

C'étaient pas des amis de luxe
Des petits Castor et Pollux
Des gens de Sodome et Gomorrhe
Sodome et Gomorrhe
C'étaient pas des amis choisis
Par Montaigne et La Boétie
Sur le ventre ils se tapaient fort
Les copains d'abord

C'étaient pas des anges non plus
L'Évangile, ils l'avaient pas lu
Mais ils s'aimaient toutes voiles dehors
Toutes voiles dehors
Jean, Pierre, Paul et compagnie
C'était leur seule litanie
Leur credo, leur confiteor
Aux copains d'abord

Au moindre coup de Trafalgar
C'est l'amitié qui prenait l'quart
C'est elle qui leur montrait le nord
Leur montrait le nord
Et quand ils étaient en détresse
Qu'leurs bras lançaient des S.O.S.
On aurait dit des sémaphores
Les copains d'abord

Au rendez-vous des bons copains
Y avait pas souvent de lapins
Quand l'un d'entre eux manquait à bord
C'est qu'il était mort
Oui, mais jamais, au grand jamais
Son trou dans l'eau n'se refermait
Cent ans après, coquin de sort
Il manquait encore

Des bateaux j'en ai pris beaucoup
Mais le seul qui ait tenu le coup
Qui n'ait jamais viré de bord
Mais viré de bord
Naviguait en père peinard
Sur la grand-mare des canards
Et s'app'lait les Copains d'abord
Les Copains d'abord



Chanson qui se trouve sur la bande originale du film "Les Copains", qu'Yves Robert avait adapté du célèbre roman de Jules Romains (avec Philippe Noiret, Pierre Mondy et Guy Bedos),elle  devient numéro 1 des hit parades en février 1965 devant "Mon amie la Rose" de Françoise Hardy.