dimanche 31 mars 2013

la Fille du Père Noël

la Fille du Père Noël (1966)

Je l´ai trouvée au petit matin
Toute nue dans mes grands souliers
Placés devant la cheminée
Pas besoin de vous faire un dessin

De battr´ mon cœur s´est arrêté
Sur le lit j´ai jeté mon fouet
Tout contre elle je me suis penché
Et sa beauté m´a rendu muet

Fatigué j´ai la gueule de bois
Toute la nuit j´avais aidé mon père
Dans le feu j´ai remis du bois
Dans la ch´minée y avait pas son père

C´était la fille du Père Noël
J´étais le fils du Père Fouettard
Elle s´appelait Marie Noël
Je m´appelais Jean Balthazar

Je prends la fille dans mes bras
Elle me dit mais non Balthazar
Ne fais donc pas le fier à bras
Je suis tombée là par hazard

Toute la nuit j´avais fouetté
A tour de bras les gens méchants
Toute la nuit elle avait donné
Des cadeaux à tous les enfants

C´était la fille du Père Noël
J´étais le fils du Père Fouettard
Elle s´appelait Marie Noël
Je m´appelais Jean Balthazar

Descendue chez moi par erreur
Elle était là dans mes souliers
Et comm´ je ne pouvais prendre son cœur
Je l´ai remise sur le palier

C´était la fille du Père Noël
J´étais le fils du Père Fouettard
Et elle m´a dit d´une voix d´crécelle
Bye bye au hasard Balthazar

C´était la fille du Père Noël
J´étais le fils du Père Fouettard
Elle s´appelait Marie Noël
Je m´appelais Jean Balthazar


la Fièvre dans le sang

la Fièvre dans le sang (1986)

 dès que je l'ai vu j'ai su
les ennuis qui m'attendaient
elle m'a pas déçu

elle, il fallait que je l'aie
même si pour ça le ciel
ou l'enfer m'avalait

elle est belle comme
une princesse de sang
de celles qui rendent un homme
faible et languissant

j'ai la fièvre dans le sang
cette fille m'échauffe les sangs
comme un adolescent
je déraille bon sang

j'ai la fièvre dans le sang
cette histoire je le sens
ne finira pas sans
effusion de sang

si j'avais vu l'anneau d'or
à son doigt, j'aurais fui
peut-être et encore

où en veut v'nir ce démon
quand elle me dit supprimons
tout obstacle entre nous

elle parle comme
une princesse de sang
de celles qui rendent un homme
plus qu'obéissant

j'ai la fièvre dans le sang
cette fille m'échauffe les sangs
comme un adolescent
je déraille bon sang

j'ai la fièvre dans le sang
cette histoire je le sens
ne finira pas sans
effusion de sang
est-ce que l'amour en nous affaiblissant
ne devient pas un jour
un poison puissant

j'ai la fièvre dans le sang
cette fille m'échauffe les sangs
comme un adolescent
je déraille bon sang

j'ai la fièvre dans le sang
cette histoire je le sens
ne finira pas sans
effusion de sang

j'ai la fièvre dans le sang
cette fille m'échauffe les sangs
comme un adolescent
je déraille bon sang

j'ai la fièvre dans le sang
cette histoire je le sens
ne finira pas sans
effusion de sang

j'ai la fièvre dans le sang
cette fille m'échauffe les sangs
comme un adolescent
je déraille bon sang


Alain Chamfort, qui avait commencé sa carrière à l'ombre de Jacques Dutronc et Claude François, a peu à peu forgé sa propre image pour devenir le seul représentant de la pop sophistiquée à la française. a cet égard, "Tendres fièvres", paru en 1986, est un petit bijou. Enregistrée en collaboration avec Marc Moulin et Wally Badarou, cet opus comprend "La Fièvre dans le sang". Une chanson d'une sensualité et d'une modernité remarquables, qui allait marquer de son empreinte le courant néo-pop incarné par Etienne Daho ou Niagara. 


Fier et fou de vous

Fier et fou de vous (1980)

On pourrait croire, qu´on lui fait des misères
A sa façon de pleurer sur mes genoux
Mais j´veux plus être son papa ni son grand frère
C´sont pas des rôles qui j´peux jouer jusqu´au bout
Pas du tout

J´lui dis y a des gens sur terre
Qui chantent autour de nous
Moi, je n´vois rien, je suis fier
Et je suis fou de vous
Elle s´en fout

Pourtant est-ce que j´peux être plus sincère
J´ai parfois du mal à joindre les deux bouts
Mais depuis l´année où je suis revenu d´la guerre
J´ai jamais manqué à ses rendez-vous
Pas du tout

J´lui dis y a des gens sur terre
Qui pleurent autour de nous
Moi je n´vois rien, je suis fier
Et je suis fou de vous
Elle s´en fout

Déjà quand elle voulait être écuyère
Elle m´écrivait qu´elle n´était pas bien chez vous
Mais qu´elle n´voulait pas risquer sa vie entière
Sur mon histoire qui n´tenait pas debout
Voyez-vous

J´lui dit y a des gens sur terre
Qui dansent autour de nous
Moi, je ne vois rien, je suis fier
Et je suis fou de vous
Elle s´en fout


Lorsque les années 80 ont commencé William Sheller a voulu rompre avec l'image "Photos souvenirs", et montrer que le succès n'avait de valeur que s'il venait récompenser une créativité sincère. Enregistré à Los Angeles, l'album "Nicolas" révélait une démarche plus personnelle qu'à l'habitude, même si la sensibilité et son sens de l'humour demeuraient les piliers de ses chansons, notamment dans "Fier et fou de vous". 



  

Foule sentimentale

Foule sentimentale (1993)

 Oh la la la vie en rose
Le rose qu´on nous propose
D´avoir les quantités d´choses
Qui donnent envie d´autre chose
Aïe, on nous fait croire
Que le bonheur c´est d´avoir
De l´avoir plein nos armoires
Dérisions de nous dérisoires car

Foule sentimentale
On a soif d´idéal
Attirée par les étoiles, les voiles
Que des choses pas commerciales
Foule sentimentale
Il faut voir comme on nous parle
Comme on nous parle

Il se dégage
De ces cartons d´emballage
Des gens lavés, hors d´usage
Et tristes et sans aucun avantage
On nous inflige
Des désirs qui nous affligent
On nous prend faut pas déconner dès qu´on est né
Pour des cons alors qu´on est
Des

Foules sentimentales
Avec soif d´idéal
Attirées par les étoiles, les voiles
Que des choses pas commerciales
Foule sentimentale
Il faut voir comme on nous parle
Comme on nous parle

On nous Claudia Schieffer
On nous Paul-Loup Sulitzer
Oh le mal qu´on peut nous faire
Et qui ravagea la moukère
Du ciel dévale
Un désir qui nous emballe
Pour demain nos enfants pâles
Un mieux, un rêve, un cheval

Foule sentimentale
On a soif d´idéal
Attirée par les étoiles, les voiles
Que des choses pas commerciales
Foule sentimentale
Il faut voir comme on nous parle
Comme on nous parle


Extraite de l'album "C'est déjà ça", "Foule sentimentale" est l'une des chansons les plus caractéristiques de l'univers d'Alain Souchon. Seul, et non pas avec son acolyte Laurent Voulzy, il se faisait ici le chroniqueur de la société occidentale des années 90 et du star system en particulier, allant jusqu'à égratigner le top model Claudia Shiffer. 

 

Des hauts, des bas

Des hauts, des bas (1994)

 La pluie venait du nord
Le vent passait sous ma porte
Je comptais vivre fort
Et que le diable m´emporte
J´allais à la fenêtre
Enroule dans un drap
Je secouais la tête
J´en écartais les bras

J´avais des hauts
J´avais des bas
J´avais plus ou moins chaud
Et toute la vie devant moi
J´avais des hauts
J´avais des bas
Je crois que j´en voulais trop
J´ai même eu ce que je n´voulais pas

Je restais enfermé
Ou errais pendant des jours
Trop de chemins s´ouvraient
Trop de questions en retour
Je n´avais pas tue mon père
Mais je ne me souvenais pas
Ce qu´il me disait de faire
Ou ce qu´il ne disait pas

J´avais des hauts
J´avais des bas
J´avais plus ou moins chaud
Et toute la vie devant moi
J´avais des hauts
J´avais des bas

Je crois que j´en voulais trop
J´ai même eu ce que je n´voulais pas
Chaque jour je me tenais prêt
Je guettais l´heure et la page
Ou les eaux s´ouvriraient
Me laisseraient un passage
L´espoir me faisait vivre
L´attente me rendait nerveux
Je trouvais dans les livres
De quoi patienter un peu

J´avais des hauts
J´avais des bas
J´avais plus ou moins chaud
Et toute la vie devant moi
J´avais des hauts
J´avais des bas
Je crois que j´en voulais trop
J´ai même eu ce que je n´voulais pas

J´avais des hauts
J´avais des bas...




samedi 30 mars 2013

Il est cinq heures, Paris s'éveille

Il est cinq heures, Paris s'éveille (1967)

 Je suis l´dauphin d´la place Dauphine
Et la place Blanche a mauvaise mine
Les camions sont pleins de lait
Les balayeurs sont pleins d´balais

Il est cinq heures
Paris s´éveille
Paris s´éveille

Les travestis vont se raser
Les stripteaseuses sont rhabillées
Les traversins sont écrasés
Les amoureux sont fatigués

Il est cinq heures
Paris s´éveille
Paris s´éveille

Le café est dans les tasses
Les cafés nettoient leurs glaces
Et sur le boulevard Montparnasse
La gare n´est plus qu´une carcasse

Il est cinq heures
Paris s´éveille
Paris s´éveille

La tour Eiffel a froid aux pieds
L´Arc de Triomphe est ranimé
Et l´Obélisque est bien dressé
Entre la nuit et la journée

Il est cinq heures
Paris s´éveille
Paris s´éveille

Les banlieusards sont dans les gares
A la Villette on tranche le lard
Paris by night, regagne les cars
Les boulangers font des bâtards

Il est cinq heures
Paris s´éveille
Paris s´éveille

Les journaux sont imprimés
Les ouvriers sont déprimés
Les gens se lèvent, ils sont brimés
C´est l´heure où je vais me coucher

Il est cinq heures
Paris se lève
Il est cinq heures
Je n´ai pas sommeil


La banalité du quotidien est sublimé dans cette chanson, née de la complicité des deux Jacques (Dutronc/Lanzmann). La nonchalance du play boy ne l'empêchait pas de porter un regard lucide sur la société de l'époque. Porté par la flûte de Roger Bourdin qui se ballade sur la mélodie,  "Il est cinq heures, Paris s'éveille", est l'une des chansons les plus emblématiques écrites sur la capitale. 



 

Initials B.B.

Initials B.B. (1966)

 Une nuit que j´étais
A me morfondre
Dans quelque pub anglais
Du cœur de Londres
Parcourant l´Amour Mon-
Stre de Pauwels
Me vint une vision
Dans l´eau de Seltz

Tandis que des médailles
D´impérator
Font briller à sa taille
Le bronze et l´or
Le platine lui grave
D´un cercle froid
La marque des esclaves
A chaque doigt

Jusques en haut des cuisses
Elle est bottée
Et c´est comme un calice
A sa beauté
Elle ne porte rien
D´autre qu´un peu
D´essence de Guerlain
Dans les cheveux

A chaque mouvement
On entendait
Les clochettes d´argent
De ses poignets
Agitant ses grelots
Elle avança
Et prononça ce mot :
Alméria


Oeuvre passionnelle, à la dimension symphonique, qui constitue un sommet de la rencontre entre Gainsbourg et Brigitte Bardot, symbole de la féminité et de la sensualité françaises,  "Initials BB" donna son nom au 2e album de Gainsbourg et Bardot en 1968. 

 

l'Incendie à Rio

l'Incendie à Rio (1966)

En pleine nuit une sirène
Appelle au feu tous les pompiers
Et tout Rio qui se réveille
Voit brûler l´usin´ de café
Il n´y a pas de temps à perdre
Sinon tout l´quartier va brûler
Oui mais voilà
Pendant c´temps là à la caserne
On entends les pompiers crier :

Qu´est-c´qu´on a fait des tuyaux?
Des lances et d´la grande échelle
Qu´est-c´qu´on a fait des tuyaux?
Pas d´panique il nous les faut

Mais l´incendie là-bas fait rage
Et le ciel est noir de fumée
Et tous les gens dans les étages
Se dis´nt : "Mais que font les pompiers?"
Il n´y a pas de temps à perdre
Sinon tout l´quartier va brûler
Oui mais voilà
Pendant c´temps là à la caserne
On entends les pompiers crier :

Qu´est-c´qu´on a fait des tuyaux?
Des lances et d´la grande échelle
Qu´est-c´qu´on a fait des tuyaux?
Pas d´panique il nous les faut

Au p´tit matin on le devine
Tout le quartier avait brûlé
Il ne restait que des ruines
Sur des centain´s de mètr´s carrés!
Quand tout à coup dans le jour blême
On vit accourir un pompier
Qui s´écria : "Je viens d´la part du capitaine
Vous dir´ de n´pas vous énerver"

On a r´trouvé les tuyaux
Les lances et la grande échelle
Mais on est en panne d´auto
Et on cherch´ la manivelle

La la la la la la la
La la la la la la la la
la la la la la la la
La la la la la la la


Neveu de Ray Ventura, Sacha Distel a toujours aimé autant jouer le jazz que divertir le public avec des chansons populaires. "L'incendie à Rio" est une illustration de la deuxième facette du chanteur. Cette chanson, adaptée par Maurice Tézé, a enflammé les pistes de danse pendant une bonne partie des années 60. 

  

Il tape sur des bambous

Il tape sur des bambous (1982)

 Il vit sa vie au bord de l´eau
Cocos et coquillages
Un dollar pour prendre en photo
Son plus beau tatouage
Il vit sa vie comme un vendredi
Robinson est parti
Tu l´verras toujours bien dans sa peau
Quand il prend ce tempo

{Refrain:}
Il tape sur des bambous et c´est numéro un
Dans son île on est fous comme on est musicien
Sur Radio Jamaïque il a des copains
Il fabrique sa musique et ça lui va bien
Il tape sur des bambous il joue pas les requins
Tahiti Touamotou Equateur méridien
Y a des filles de partout qui lui veulent du bien
Lui la gloire il s´en fout et ça va et ça vient

Il connaît le nom des bateaux
L´prénom du capitaine
Il te refile en stéréo
La chanson des sirènes
Il trafique un peu dans tous les ports
La marine est d´accord
Y a aucun malaise dans sa combine
C´est une musique machine

{Refrain}


Philippe Lavil a dû attendre une bonne dizaine d'années avant de renouer avec le succès. "Il tape sur des bambous" est sorti en 1982, soit 13 ans après "Avec les filles, je ne sais pas". Mais quel succès! Sur une musique de Michel Héron et des paroles de Didier Barbelivien, Lavil donnait un bien bel parçu de l'ambiance des Antilles. Un beau succès que Julio Inglesias allait reprendre et en faire un hit international. 

 

Inventaire 66

Inventaire 66 (1966)

 Une minijupe, deux bottes Courrèges
Un bidonville et deux Mireille
Une nouvelle Piaf, un p´tit oiseau de toutes les couleurs
Une nouvelle Darc qui brûle les planches
Une religieuse, un Cacharel
Des cheveux longs, des idées courtes
Un vieux Paris, un Paris 2
Des paravents à l´Odéon, un Palmarès de la Chanson
Et toujours, le même président

{Refrain:}
Il y a eu tout ça
Et puis malgré tout ça
Quand je t´ai rencontrée
Il y a eu autre chose
Et tu as peint pour moi
Cette année tout en rose
Toi, oui, toi

Une guerre au Vietnam, un mariage en Hollande
Pour bientôt un p´tit Smet et la mort d´un poète
Caméra sur la Lune, un drugstore Opéra
Des ch´mises à fleurs, un étrangleur
Une bombe dans la mer, opération "Tonnerre"
Juanita Banana, un four à l´opéra
"Un homme et une femme" au festival de Cannes
Un Tabarin en moins, un Paladium en bus
Et toujours, le même président

{au Refrain}

Mon p´tit raton laveur



"Une guerre à Vietnam, un mariage en Hollande, pour vientôt un petit Smet, et toujours le même président": avec cette chanson Michel Delpech faisait l'inventaire de cette année 66. Un beau succès, qui n'était pas prévu puisqu'il était la face B du 45 tours "Quand on aime comme on s'aime". Mais cette irrévérence du texte  allait en éblouir plus d'un. 



 

jeudi 28 mars 2013

Inch'Allah

Inch'Allah (1967)

 J´ai vu l´orient dans son écrin
Avec la lune pour bannière
Et je comptais en un quatrain
Chanter au monde sa lumière

Mais quand j´ai vu Jérusalem
Coquelicot sur un rocher
J´ai entendu un requiem
Quand sur lui je me suis penché

Ne vois-tu pas humble chapelle
Toi qui murmures : "Paix sur la terre"
Que les oiseaux cachent de leurs ailes
Ces lettres de feu : "Danger frontière"?

Le chemin mène à la fontaine
Tu voudrais bien remplir ton seau
Arrête-toi Marie-Madeleine
Pour eux ton corps ne vaut pas l´eau

Inch´Allah Inch´Allah Inch´Allah Inch´Allah

Et l´olivier pleure son ombre
Sa tendre épouse son amie
Qui repose sur les décombres
Prisonnière en terre ennemie

Sur une épine de barbelés
Le papillon guette la rose
Les gens sont si écervelés
Qu´ils me répudieront si j´ose

Dieu de l´enfer ou Dieu du ciel
Toi qui te trouves où bon te semble
Sur cette terre d´Israël
Il y a des enfants qui tremblent

Inch´Allah Inch´Allah Inch´Allah Inch´Allah

Les femmes tombent sous l´orage
Demain le sang sera lavé
La route est faite de courage
Une femme pour un pavé

Mais oui j´ai vu Jérusalem
Coquelicot sur un rocher
J´entends toujours ce requiem
Lorsque sur lui je suis penché

Requiem pour six millions d´âmes
Qui n´ont pas leur mausolée de marbre
Et qui malgré le sable infâme
On fait pousser six millions d´arbres

Inch´Allah Inch´Allah Inch´Allah Inch´Allah


Chanson qu'Adamo avait composé à l'origine pour exalter la fraternité entre les peuples "Inch'Allah" est devenu l'un des hymnes des troupes israéliennes lors de la Guerre des Six Jours. Une transformation radicale qui devait perturber pour de longues années les relations entre le chanteur et les pays arabes. 
En France, "Inch'Allah" a fortifié la popularité du chanteur italo-belge, avec à la clé une 1ere place dans le hit parade de "Salut les copains" en février 1966. 

 

l'Important c'est la rose

l'Important c'est la rose (1967)

Toi qui marches dans le vent
Seul dans la trop grande ville
Avec le cafard tranquille du passant
Toi qu´elle a laissé tomber
Pour courir vers d´autres lunes
Pour courir d´autres fortunes
L´important...

L´important c´est la rose
L´important c´est la rose
L´important c´est la rose
Crois-moi

Toi qui cherches quelque argent
Pour te boucler la semaine
Dans la ville tu promènes ton ballant
Cascadeur, soleil couchant
Tu passes devant les banques
Si tu n´es que saltimbanque
L´important...

L´important c´est la rose
L´important c´est la rose
L´important c´est la rose
Crois-moi

Toi, petit, que tes parents
Ont laissé seul sur la terre
Petit oiseau sans lumière, sans printemps
Dans ta veste de drap blanc
Il fait froid comme en Bohème
T´as le cœur comme en carême
Et pourtant...

L´important c´est la rose
L´important c´est la rose
L´important c´est la rose
Crois-moi

Toi pour qui, donnant-donnant
J´ai chanté ces quelques lignes
Comme pour te faire un signe en passant
Dis à ton tour maintenant
Que la vie n´a d´importance
Que par une fleur qui danse
Sur le temps...

L´important c´est la rose
L´important c´est la rose
L´important c´est la rose
Crois-moi


Voilà une petite histoire: Après l'inauguration de la Maison de la Radio par le général de Gaulle, la voiture de Louis Amade heurte un massif; un jeune gendarme ramasse alors une rose blanche, puis fait la circulation avec. Louis Amade déclarera : "Nous écrivimes "L'important c'est la rose" pour nous en amuser en une demi-heure. Il était fort tard. Lorsque ce fut terminé Gilbert me dit: "Faisons maintenant une vraie chanson"...". 
Mais la vraie chanson la voilà! Ecrite comme une blague, elle est devenue l'une des chansons les plus célèbres du répertoire de Gilbert Bécaud.    

 

Ivanovitch

Ivanovitch (1969)

 Il était arrivé
Le fiacre l´emportait
Toujours la même ville
Toujours les mêmes gares
Des églises barbares
Saint-Pétersbourg ma ville

Ivanovitch est là
Ivanovitch est là
Et le ciel est toujours si gris
Et la pluie chaque jour si triste

Tout est fermé
La maison est là solitaire
Une rumeur, un pas traîné
La porte s´ouvre un peu
Et il est entraîné par ceux
Qui l´appellent mon frère
Ivanovitch est là
Ivanovitch est là
Et le ciel est toujours si gris
Et la pluie chaque jour si triste

Dans un coin du logis
Tous se pressent autour de lui
La fille a l´air fanée
Et le garçon gêné
Le père et tous les apprentis
Qui rêvent de Paris

Ivanovitch est là
Ivanovitch est là
Et le ciel est toujours si gris
Et la pluie chaque jour si triste


C'est inspiré avec bonheur par Blaise Cendrars que Maurice Vallet a écrit les paroles d'"Ivanovitch". Mais c'est Julien Clerc qui a fait de ce titre l'un des premiers symboles du renouveau de la chanson française dans la seconde moitié des années 60. Une image de jeune premier romantique et une voix mélancolique ont été à l'origine d'une carrière fulgurante. Elle ont aussi aidé au succès d'"Ivanovitch" 2e titre du 1er 33 tours de Julien Clerc. Ce titre a suivi de près "La Cavalerie" dans le hit parade de "Salut les Copains" à l'automne 68. 



 

Immortelle

Immortelle (2001)

Si perdue dans le ciel
Ne me restait qu´une aile
Tu serais celle-là

Si traînant dans mes ruines
Ne brillait rien qu´un fil
Tu serais celui-là

Si oubliée des dieux
J´échouais vers une île
Tu serais celle-là

Si même l´inutile
Restait le seuil fragile
Je franchirais le pas

Immortelle, immortelle
J´ai le sentiment d´être celle
Qui survivra à tout ce mal
Je meurs de toi

Immortelle, immortelle
J´ai décroché un bout de ciel
Il n´abritait plus l´Eternel
Je meurs de toi

Si les mots sont des traces
Je marquerai ma peau
De ce qu´on ne dit pas

Pour que rien ne t´efface
Je garderai le mal
S´il ne reste que ça

On aura beau me dire
Que rien ne valait rien
Tout ce rien est à moi

A quoi peut me servir
De trouver le destin
S´il ne mène pas à toi?

Immortelle, immortelle
J´ai le sentiment d´être celle
Qui survivra à tout ce mal
Je meurs de toi

Immortelle, immortelle
J´ai déchiré un bout de ciel
Il n´abritait plus l´Eternel
Je meurs de toi

Je meurs de toi...

Immortelle, immortelle
J´ai le sentiment d´être celle
Qui survivra à tout ce mal
Je meurs de toi

Immortelle, immortelle
J´ai décroché un bout de ciel
Il n´abritait plus l´Eternel
Je meurs de toi



Il me dit que je suis belle

Il me dit que je suis belle (1993)

 Et quand le temps se lasse
De n´être que tué
Plus une seconde passe,
Dans les vies d´uniformité
Quand de peine en méfiance,
De larmes en plus jamais
Puis de dépit en défiance
On apprend à se résigner
Viennent les heures sombres
Où tout peut enfin s´allumer
Ou quand les vies ne sont plus qu´ombres
Restent nos rêves à inventer

Il me dit que je suis belle
Et qu´il n´attendait que moi
Il me dit que je suis celle
Juste faite pour ses bras
Il parle comme on caresse
De mots qui n´existent pas
De toujours et de tendresse
Et je n´entends que sa voix

Eviter les regards, prendre cet air absent
Celui qu´ont les gens sur les boul´vards
Cet air qui les rend transparents
Apprendre à tourner les yeux
Devant les gens qui s´aiment
Eviter tous ceux qui marchent à deux
Ceux qui s´embrassent à perdre haleine
Y a-t-il un soir, un moment
Où l´on se dit c´est plus pour moi
Tous les mots doux, les coups de sang,
Mais dans mes rêves, j´y ai droit

Il me dit que je suis belle
Et qu´il n´attendait que moi
Il me dit que je suis celle
Juste faite pour ses bras
Des mensonges et des betises
Qu´un enfant ne croirait pas
Mais les nuits sont mes églises
Et dans mes rêves j´y crois

Il me dit que je suis belle...
Je le vois courir vers moi
Ses mains me frôlent et m´entraînent
C´est beau comme au cinéma
Plus de trahison, de peines
Mon scénario n´en veut pas
Il me dit que je suis reine
Et pauvre de moi, j´y crois
Hmm, pauvre de moi, j´y crois



Pour son 3e album "Je te dis vous", Patricia Kaas passe un nouveau cap en demandant à d'autres compositeurs de lui proposer des chansons. Si Didier Barbelivien est toujours là avec "Entrer dans la lumière", Marc Lavoine ("La liberté"; "Reste sur moi") et un certain Sam Brewski qui lui proposera ce superbe titre"Il me dit que je suis belle" se rajoutent à la liste. 
Mais qui se cache derrière Sam Brewski? On apprendra plus tard que sous ce pseudo se cachait Jean-Jacques Goldman. Ce dernier utilise de temps en temps des pseudos pour écrire des chansons, Tout simplement pour voir si ceux ci ont du succès pour eux même ou pour le nom de l'artiste. 
Le succès de "Il me dit que je suis belle" lui prouvera qu'une bonne chanson reste une bonne chanson, peu importe celui qui la compose. 



 

mercredi 27 mars 2013

Il a neigé sur yesterday

Il a neigé sur yesterday (1977)

Il a neigé sur Yesterday
Le soir où ils se sont quittés
Le brouillard sur la mer s´est endormi
Et Yellow Submarine fût englouti
Et Jude habite seule, un cottage à Chelsea
John et Paul je crois sont les seuls
A qui elle ait écrit
Le vieux sergent Pepper a perdu ses médailles
Au dernier refrain d´Hello Good Bye
Hello Good Bye

Il a neigé sur Yesterday
Le soir où ils nous ont quittés
Penny Lane aujourd´hui a deux enfants
Mais il pleut sur l´île de Wight au printemps.
Eleonor Rigby aux quatre musiciens
Viennent séparément vous voir
Quand ils passent à Dublin
Vous parler de Michèle
La belle des années tendres
De ces mots qui vont si bien ensemble
Si bien ensemble

Il a neigé sur Yesterday
Le soir où ils se sont quittés
Penny Lane c´est déjà loin maintenant
Mais jamais elle n´aura de cheveux blancs.
Il a neigé sur Yesterday
Cette année-là même en été
En cueillant ces fleurs
Lady Madonna a tremblé
Mais ce n´était pas de froid
Il a neigé sur Yesterday
Cette année-là même en été
En cueillant ces fleurs
Lady Madonna a tremblé
Mais ce n´était pas de froid
Il a neigé sur Yesterday
Cette année-là même en été
En cueillant ces fleurs
Lady Madonna a tremblé
Mais ce n´était pas de froid
Il a neigé sur Yesterday


Cette composition de Jean Claude Petit et Tony Rallo a d'abord été enregistrée en anglais dans le studio toulousain de Jacques Cardonna (membre de Gold). Puis adapté par Michel Jourdan, "Look how it snowed on Yesterday" est simplement devenu "Il a neigé sur Yesterday". Une chanson nostalgique ou l'esprit des Beatles n'est pas loin, interprétée magnifiquement par Marie Laforêt. "Il a neigé sur Yesterday" sera même l'un de ses plus grands succès puisque le titre deviendra n°1 en octobre 1977. 

 

Il est mort le soleil

Il est mort le soleil (1967)

 Il est mort,
Il est mort, le soleil
Quand tu m´as quittée
Il est mort, l´été
L´amour et le soleil,
C´est pareil.

Il est mort,
Il est mort, le soleil
Mais je suis la seule à porter le deuil
Et le jour ne franchit plus mon seuil.

Hier, on dormait sur le sable chaud
Hier pour nous il faisait beau
Il faisait beau même en hiver
C´était hier

Il est mort,
Il est mort, le soleil
L´ombre est sur ma vie,
Dans mon cœur, la pluie
Et mon âme s´habille de gris.

Hier, la couleur que j´aimais le mieux
C´était la couleur de tes yeux
C´était la couleur de la mer
C´était hier.

Il est mort,
Il est mort, le soleil
Quand tu m´as quittée
Il est mort, l´été
L´amour et le soleil,
C´est pareil,
Il est mort, le soleil.


En 1967, après avoir révélé son talent de chanteuse pop et soul dans "Les Orgues d'antan" (version française de "Whiter shade of Pale des Procol Harum), Nicoletta se maintenait au sommet avec "La Musique" puis "Il est mort le soleil". Appelée à devenir l'une des chansons les plus célèbres de son répertoire, "Il est mort le soleil" a été adapté par Ray Charles lui même sous le titre "The Sun Died". 

 

Un geste d'amour

Un geste d'amour (2000)

 Lassée de parler haut sans jamais pouvoir faire
et d´inventer souvent des excuses à nos faiblesses
Lassée de nous apprendre comme deux terres étrangères
Et d´accorder nos cœurs aux ruines qu´on se laisse

Songe, las, ta force est la mienne
On pourrait chanter, haut, dans cette arène

Un geste d´amour
C´est tout ce que j´espère
Un geste d´amour
Pour le prochain millénaire
Un geste d´amour
Sur toute la terre
Un geste d´amour
Qu´on ne pourrait jamais défaire

Je cours après la flamme qui naît à ses heures
Cette petite voix qui dit que tout est là
Qu´on ne peut voir la fleur qu´entourée de misère
Et que seul le pardon mérite ses soldats

Serre, ferme les paupières
Aide mes pensées à quitter la terre

Un geste d´amour
C´est tout ce que j´espère
Un geste d´amour
Pour le prochain millénaire
Un geste d´amour
Une humble prière
Un geste d´amour
Qu´on ne pourra jamais défaire

Un geste d´amour
Un grain de poussière
Un geste d´amour
Qui nous rendrait tellement fiers
Un geste d´amour
Un pont sur la mer
Un geste d´amour
Qu´on ne pourrait jamais mieux faire

Et si les mots nous lâchent
Et restent que nos actes
Que rien ne nous détache
Que rien ne nous rétracte
D´un geste d´amour

Un geste d´amour
Que rien ne nous détache
Un geste d´amour
S´il ne reste qu´un seul acte


Pionnière du rock dans son Indonésie natale, Anggun mène depuis la fin des années 90 une brillante carrière en France. Sous l'égide de l'auteur-compositeur et producteur Erik Benzi, elle a enregistré en 1997 un premier album "Au nom de la lune", sur lequel on trouve "La Neige au Sahara". 3 ans plus tard, "Désirs contraires" est venu confirmer l'originalité d'une démarche qui réunit l'orient et l'occident. On y goûte notamment cette perle qu'est "Un geste d'amour"'. 

 

la Gitane

la Gitane (1987)

Comme un artiste en enfer
Comme un enfant qui se perd
J´étais comme ça devant elle
Elle était tellement belle
Elle était tellement pour moi
Que je ne sais même pas
Si j´ai vu trembler mes doigts
Quand elle était là!
Prêt à oublier ma peine
Prêt à me couper les veines
Prêt à refaire la vie
Prêt à refaire ma vie
Prêt à tuer les démons
Qui m´empêchent de la revoir
Et prêt à crier son nom
Toute ma vie dans le noir

{Refrain:}
Ma tête tourne ma tête frappe
A coups de tambours qui éclatent
Un fou qui fait n´importe quoi
Qu´elle ne soit rien que pour moi
Pour qu´elle m´aime
Je ferais n´importe quoi
Ma tête tourne ma tête frappe
A coups de tambours qui éclatent
Je voudrais qu´elle devienne ma loi
Je serais le mendiant, le roi
Pour qu´elle m´aime, pour qu´elle m´aime!

Prêt à casser des montagnes
A brûler la terre entière
A faire dix mille ans de bagne
A vider l´eau de la mer
Pour la serrer contre moi
Et sentir trembler ses doigts
Au bout du souffle de sa voix
Entendre qu´elle m´aimera
Comme un piano qui se casse
Ses notes écrasées par terre
Comme le feu sur la glace
L´avion qui explose en l´air
Je vendrais mon âme au diable
Je viderais l´eau des rivières
Pour être seul à la table
De l´amour qu´elle préfère

{au Refrain 2x}


Amoureux des chansons et des mélodies bien faites, Félix Gray s'est fait connaître, bien avant son association avec Didier Barbelivien. Ainsi, "La Gitane", chanson dont il a écrit paroles et musique, a atteint une fort enviable 3e place dans le Top 50 en 1987.  

 

le Gitan

le Gitan (1983)

 Il a un rire de voyou
Dans le fond des yeux : des amis
Il a le cœur au bord des coups
Le Gitan, le Gitan,
Un peu renard, un peu loup
Il sort le jour ou bien la nuit
Ce qu´on dit de lui il s´en fout
Le Gitan, le Gitan, que tu ne connais pas!

Il aurait pu être un grand matador
Un voleur de poules, un jeteur de sorts
Prendre une guitare, être musicien
Mais sa vie à lui elle est dans ses poings

Il ne sait pas d´où il vient
Mais il sait toujours où il va
Il a des milliers de cousins
Le Gitan, le Gitan,
Il a couru les chemins
Sainte-Marie ou Guernica
Pour venir dormir à Saint-Ouen
Le Gitan, le Gitan, que tu ne connais pas!

Souvent je deviens : Gitan
Mon ciel est le sien : Gitan
Je suis comme lui : Gitan
J´ai plus de pays : Gitan
J´ai plus de maison : Gitan
Je n´ai plus de nom : Gitan
C´est toi qu´a raison : Gitan
Y a plein d´horizons!

Il a toujours l´air heureux
Les chagrins lui n´en veut pas
Il les jette au milieu d´un feu
Le Gitan, le Gitan,
L´amitié n´est pas un jeu
Quand il donne il ne reprend pas
Il sait couper son cœur en deux
Le Gitan, le Gitan, que tu ne connais pas!

Il aurait pu être un grand matador
Un voleur de poules un jeteur de sorts
Prendre une guitare, être musicien
Mais sa vie à lui elle est dans ses poings

Souvent je deviens : Gitan
Mon ciel est le sien : Gitan
Je suis comme lui : Gitan
J´ai plus de pays : Gitan
J´ai plus de maison : Gitan
Je n´ai plus de nom : Gitan
C´est toi qu´a raison : Gitan
Y a plein d´horizons!

Il a un rire de voyou
Dans le fond des yeux : des amis
Il a le cœur au bord des coups
Le Gitan, le Gitan
Un peu renard, un peu loup
Il dort le jour ou bien la nuit
Ce qu´on dit de lui il s´en fout
Le Gitan, le Gitan, que tu ne connais pas!
Il a le cœur au bord des coups
Ce qu´on dit de lui il s´en fout
Le Gitan, le Gitan, que je connais pour toi!



25 ans après Juan Catalano et "les Gitans", Daniel Guichard, héritier de la tradition, décrivait fort bien le monde des gens du voyage avec cette chanson enregistrée en 1983. Le créateur de "La Tendresse" retrouvait même les chemins du hit parades puisque "Le Gitan" classé en avril atteignait la 8e place le mois suivant. 

 

mardi 26 mars 2013

les Glycines

les Glycines (1973)

Sur le mur y avait des glycines
Sur le mur y avait des glycines
Toi, tu portais un tablier bleu
Toi, tu portais un tablier

Toujours le nez dans tes bassines
Toujours le nez dans tes bassines
En ce temps-là, on se parlait peu
En ce temps-là, on se taisait.

C´est pas d´l´amour, pauvre Martha!
C´est pas d´l´amour, mais ça viendra

Paraît que cousin et cousine
Paraît que cousin et cousine
Ça ne doit pas s´aimer d´amour, non
Ça ne doit pas parler d´amour

Alors on parlait du beau temps
De la pluie et des fleurs des champs
De la vendange et du labour, mais
On ne parlait jamais d´amour

C´est pas d´l´amour, pauvre Martha!
C´est pas d´l´amour, mais ça viendra

Puis je suis parti en usine
Puis je suis parti en usine
Je n´voulais pas être fermier, moi
Je voulais être le premier

Merci beaucoup, petit Jésus
J´ai bien mangé et j´ai bien bu
Je suis aimé ou respecté, moi
On me dit "vous" pour me parler

C´est pas d´l´amour, pauvre Martha
C´est pas d´l´amour, mais ça viendra

Pourtant quand je vois des glycines
Pourtant quand je vois des glycines
J´ai envie de les arracher, moi
J´ai envie de les arracher

Paraît que t´aurais eu deux filles
Qui font partie de ma famille
Mais comme l´amour ne me dit plus rien
Elles n´auront jamais de cousins

C´est pas d´l´amour, pauvre Martha
C´est pas d´la haine, mais ça viendra.


Un accident de voiture en 1965 aurait pu tuer dans l'oeuf la carrière de Serge Lama. Mais, avec beaucoup de courage, le chanteur a persévéré pour devenir l'un des chanteurs les plus populaires de sa génération. Sorti en 1973, le 45 tours "Les Glycines" a mis Serge Lama au premeir plan et, pour son public le plus fidèle, a fait de lui une sorte de nouveau Jacques Brel. Un compliment qui lui est allé droit au coeur. 

  

Gentleman cambrioleur

Gentleman cambrioleur (1973)

C'est le plus grand des voleurs
Oui mais c'est un gentleman
Il s'empar' de vos valeurs
Sans vous menacer d'une arm'
Quand il détrouss' une femm'
Il lui fait porter des fleurs
Gentleman cambrioleur
Est un grand seigneur.

Il vient chez vous la nuit
Sans déranger votre sommeil
Il décroche sans bruit
Le tableau acheté la veill'
Puis avant de partir
Après ses coupables travaux
Il laisse un mot sur le piano

  C'est le plus grand des voleurs
Oui mais c'est un gentleman
Et chaque femme à son heure
Rêve de voir son visag'
De l'actrice à la danseuse
À l'épouse la meilleur'
Gentleman cambrioleur
A gagné les coeurs



En 1973, Jacques Dutronc faisait ses débuts de père (du petit Thomas) et d'acteur puisque Jean-Marie Périer l'avait retenu pour tourner "Antoine et Sébastien" au côtés de François Périer et d'Ottavia Piccolo. Cette même année, il était également à l'honneur sur le petit écran, grâce à l'interprétation de 'Gentleman cambrioleur" et de "L'Arsène" pour le générique du feuilleton "Arsène Lupin" avec George Descrières. 

 
 

Gigi l'amoroso

Gigi l'amoroso (1974)

Je vais vous raconter
Avant de vous quitter
L´histoire d´un p´tit village près de Napoli
Nous étions quatre amis
Au bal tous les samedis
A jouer, à chanter toute la nuit
Giorgio à la guitare
Sandro à la mandoline
Moi je dansais en frappant du tambourin
Mais tous ceux qui venaient
C´était pour écouter
Celui qui faisait battre tous les cœurs
Et quand il arrivait
La foule s´écriait :

Arriva, Gigi l´Amoroso
Croqueur d´amour, l´œil de velours comme une caresse
Gigi l´Amoroso
Toujours vainqueur, parfois sans cœur
Mais jamais sans tendresse
Partout, c´était la fête quand il chantait
Zaza, luna caprese, o sole mio
Gigi Giuseppe

Mais tout le monde l´appelait Gigi l´Amour
Et les femmes étaient folles de lui, toutes
La femme du boulanger, qui fermait sa boutique tous les mardis pour aller...
La femme du notaire qui était une sainte qui n´avait jamais trompé son mari auparavant
Et la veuve du colonel
La veuve du colonel qui ne porta plus le deuil parce qu´il n´aimait pas le noir
Toutes, je vous dis
Même moi, mais moi, Gigi aimait trop sa liberté, jusqu´au jour où...

Une riche Américaine
A grands coups de "je t´aime"
Lui proposa d´aller jusqu´à Hollywood
Tu seras le plus beau
De tous les Carusos
Lui disait-elle jusqu´à en perdre haleine
Nous voilà à la gare
Avec tous nos mouchoirs
Le cœur serré, émus par ce grand départ
Pourtant on était fier
Qu´il dépasse nos frontières
Gigi partait conquérir l´Amérique
Et quand il arriva
Le village était là

Arriva, Gigi l´Amoroso
Croqueur d´amour, l´œil de velours comme une caresse
Gigi l´Amoroso
Toujours vainqueur, parfois sans cœur
Mais jamais sans tendresse
Et là, devant la foule, il a chanté
Zaza, luna caprese, o sole mio

Gigi, quand le train eut disparu, nous sommes tous rentrés chez nous
Et le lendemain, le village n´était plus le même
La femme du boulanger refusa d´allumer son four
La femme du notaire, par désespoir prit plusieurs amants
Et la veuve du colonel ferma ses persiennes et reprit le deuil pour la seconde fois
Oui, le village avait bien changé
Et moi...

Les années ont passé
Cinq hivers, cinq étés
No news, c´était good news on nous avait dit
Il a fallu du cran
Du courage et du temps
Pour arriver à continuer sans lui
Et malgré son absence
La nuit dans le silence
Oubliant nos costumes et nos instruments
On entendait venir
Comme une larme un soupir
Du fond de la salle cette mélodie :

Croqueur d´amour, l´œil de velours comme une caresse
Gigi...

Gigi? C´est toi là-bas dans le noir?
Attends, laisse-moi te regarder
Mais tu pleures!
Tu pleures Gigi?
Ça n´a pas été là-bas, hein?
Et alors, et alors, qu´est-ce qu´ils comprennent
Ces Américains à part le rock et le twist, hein?
Ma Gigi, qu´est-ce que tu croyais, devenir comme ça Gigi l´Americano
E invece no, tu sei Giuseppe Frabrizio Luca Santini
Et tu es Napolitain
Ecoute, Giorgio s´est mis à la guitare
Attends, Sandro est là aussi
Mais, mais tu ne peux pas t´en aller comme ça
Ici tu es chez toi!
Ici tu es le roi!
Tu entends? Tu les entends Gigi?
Ils sont tous là
Ils ont dû te reconnaître à la gare
Chante Gigi, chante, c´est ton public
Chante pour eux, chante pour moi qui n´ai jamais su te parler
Oui, vas-y, bravo Gigi, chante!

Arriva, Gigi l´Amoroso
Croqueur d´amour, l´œil de velours comme une caresse
Gigi l´Amoroso
Toujours vainqueur, parfois sans cœur
Mais jamais sans tendresse
Partout, c´était la fête quand il chantait
Zaza, luna caprese, o sole mio
Arriva, Gigi l´Amoroso
Croqueur d´amour, l´œil de velours comme une caresse
Gigi l´Amoroso
Toujours vainqueur, parfois sans cœur
Mais jamais sans tendresse
Partout, c´était la fête quand il chantait
Zaza, luna caprese, o sole mio


 

la Grande Zoa

la Grande Zoa (1966)

 Quand vient l´mardi, la grande Zoa
Met ses bijoux, ses chinchillas
Et puis à minuit, la grande Zoa
Autour du coup s´met un boa

Y en a qui marmonnent
Que la grande Zoa
Ce serait un homme
On dit ça!

Dans sa Rolls blanche
Elle s´en va Place Blanche
Dans des Night Club
Ou dans des Pub

Aussitôt qu´elle entre
Elle devient le centre
Des conversations
Entre garçons

Comme elle est bizarre!
Quelle allure elle a!
Et ce grand coup là, OH!
Mais c´est un boa!

Si de toute la semaine on n´la voit plus
Elle n´a tout de même pas disparue
On peut la retrouver rue des saint pères

Décorateur et antiquaire
En complet veston
Plein d´décorations
Elle vend du Louis XVI
Avec des yeux d´braise
Mais quand vient l´mardi,la grande Zoa
Met ses bijoux, ses chinchillas
Et puis à minuit, la grande Zoa
Autour du coup remet son boa

Y en a qui racontent
Que dans sa famille
On a parfois honte
Quand elle se maquille

Elle va chez Henry
Pour boire un coca
Et demande un whisky
Pour son boa

Quand il est très tard
On la voit rentrer
Fumant un cigare
A grosse bouffées

On a jamais su
Qui était Zoa
Elle fût mangée crue
Par son boa
Elle fût mangée crue
Par son boa
Elle fût mangée crue
Par son boa


Régine n'est pas seulement connue comme maitresse de cérémonie des nuits parisiennes, mais pour un répertoire qui a fait d'elle l'héritière des chanteuses réalistes. En 1966, elle enregistrait "La Grande Zoa" qui allait devenir sa chanson la plus célèbre (avec "Les petits papiers" de Gainsbourg). Une chanson qui a constitué le point d'orgue de la revue qu'elle a brillament menée sur la scène de l'Olympia en 1968. 

 

Guantanamera

Guantanamera (1966)

Guantanamera, ma ville guantanamera
Guantanamera, ma ville guantanamera

C´était un homme en déroute
C´était son frère sans doute
Il n´avait ni lieu, ni place
Et sur les routes de l´exil
Sur les sentiers, sur les places
Il s´en allait loin de sa ville

Guantanamera, ma ville guantanamera
Guantanamera, ma ville guantanamera

Là-bas sa maison de misère
Etait plus blanche que le coton
Les rues de sable et de terre
Sentaient le rhum et le melon
Sous leur jupon de dentelles
Dieu que les femmes étaient belles

Guantanamera, ma ville guantanamera
Guantanamera, ma ville guantanamera

Il me reste toute la terre
Mais je n´en demandais pas tant
Quand j´ai passé la frontière
Il n´y avait rien devant
J´allais d´escale en escale
Loin de ma terre natale


Joe Dassin, qui n'avait pas oublié sa culture de musicien américain, avait adapté "Guantanamera" en collaboration avec Jean-Michel Rivat. Il s'agit à l'origine, d'une chanson cubaine, (un texte de José Marti, poète et héros de  la révolution castriste), qui fut reprise ensuite par les protest-singers américains Pete Seeger et Joan Baez. Dans sa version française, "Guantanamera" connu le succès grâce à Joe mais également à Nana Mouskouri.